La fabrication des produits textiles (vêtements, lingeries, linges de maison, coussins, rideaux…) sont réalisés majoritairement aujourd’hui dans les pays tels que la Chine ou l’Inde. En France seules quelques grandes maisons subsistent mais les ateliers et les usines ont fermé un par un, ne pouvant concurrencer les prix pratiqués par les pays en voie de développement. Et pourtant il existe un véritable savoir-faire en France en matière de textile (tissage, teinture, broderie, sérigraphie…).
Vous pouvez trouver différentes matières textiles : les naturelles, les artificielles et les synthétiques :
- Les matières synthétiques sont obtenues par synthèse de composés chimiques. Ces composés chimiques viennent presqu'exclusivement d'hydrocarbures ou d'amidon. Nous pouvons trouver le nylon, le polyester, l’acrylique, l’aramide et l’oléfine. Les matières artificielles sont obtenues par des traitements chimiques de matières naturelles comme les caséines de lait pour le lanital, la cellulose de divers végétaux (écorce de pin, bambou, soja, bouleau) pour la viscose.
L’obtention de ces matières est polluante par les produits chimiques utilisés.
- Les matières naturelles sont composées de fibres végétales, animales ou minérales.
Voici quelques unes des fibres textiles :
Le coton : c’est une fibre végétale qui entoure les graines des cotonniers « véritables », un arbuste de la famille des Malvacées. Cette fibre est généralement transformée en fil qui est tissé pour fabriquer des tissus. Le coton est la plus importante des fibres naturelles produites dans le monde. Depuis le XIXe siècle, il constitue, grâce aux progrès de l'industrialisation et de l'agronomie, la première fibre textile du monde (près de la moitié de la consommation mondiale de fibres textiles). Les cultures sont surtout présentes aux Etats-Unis, en Afrique, en Inde et en Chine.
Les avantages du coton sont sa douceur, sa souplesse, son caractère absorbant, son imperméabilité à l’air, son côté peu allergisant.
Cependant la culture du coton est extrêmement gourmande en eau et demande beaucoup de soin, ainsi de nombreux pesticides sont utilisés (25% de la production mondiale servent au coton), ce qui pollue gravement les sols et nuit à la santé des récoltants. La meilleure alternative est donc d’opter pour une culture biologique.
Le coton bio est cultivé sans intrants chimiques, ni pesticides ; du composte naturel est utilisé.
La consommation d’eau est réduite de moitié (simple conséquence du premier point : l’eau est surtout utile pour diluer les intrants) et une rotation des cultures est pratiquée pour oxygéner la terre, la préserver et casser le cycle potentiel des maladies. De plus cela a des conséquences positives sur les producteurs, non seulement sur leur santé (moins d’intoxication, de troubles respiratoires ; a noter qu’il y a 20 000 morts par an à cause de l’inhalation des pesticides) mais aussi sur leur économie (car ils contractent beaucoup de dettes pour l’achat des engrais chimiques).
C’est pour cela que Noé Design a choisi le coton bio pour ses produits, en sélectionnant les producteurs les plus proches (Turquie et Bénin).
Le chanvre : connu aussi sous son nom latin cannabis, est une espèce de plante annuelle de la famille des Cannabaceae. C'est la seule espèce actuellement autorisée à la culture du genre Cannabis. Il fut très largement utilisé par le passé et il côtoie l'être humain depuis le néolithique. Il a toutefois peu à peu été interdit ou fortement règlementé au cours du XXe siècle en raison de ses propriétés psychotropes.
Le chanvre connait de multiples utilisations, telles les tissus, la construction, les cosmétiques, l'isolation phonique et thermique, la fabrication d'huiles, de cordages, de litières, l'utilisation sous forme de combustibles, en papeterie, pour l'alimentation humaine, l'alimentation animale, comme biocarburants, pour des usages médicamenteux, pour un usage récréatif ou comme matériaux composites en association avec des matières plastiques. La filière chanvre trouve un regain d'intérêt avec l'augmentation du prix du pétrole et la prise de conscience environnementale.
La culture du chanvre demande un climat tempéré et nécessite peu d’eau et pas d‘engrais chimiques car il se protège lui-même des parasites et des maladies.
Aujourd’hui les tissus en chanvre proviennent malheureusement essentiellement de Chine.
Le lin : issu de la plante du même nom, cette étoffe s'obtient par macération des tiges de lin (rouissage) à même le sol sous l'action des intempéries, afin d'en extraire les fibres. Ces fibres sont ensuite broyées et raclées pour en retirer la partie ligneuse (teillage) puis peignées afin qu'elles soient filées et enfin tissées pour constituer une toile. Les procédés de transformation ont évolué : ils respectent l’environnement et ne produisent pas de déchet mais des produits dérivés dont pâte à papier, paillettes, graines et huile de lin, etc. De nos jours, cette toile sert à la fabrication de vêtements, de linge de maison ou de tissus d'ameublement.
Sa culture demande peu d'engrais et de pesticides. Sa qualité de fibre naturelle en fait une étoffe anallergique et lui donne la propriété d'être un régulateur thermique (isolant l’hiver, respirant l'été).
Le bambou : ce sont des plantes monocotylédones appartenant à la famille des Poaceae. Ils sont caractérisés par des tiges formées d'un chaume creux lignifié à la croissance très rapide. Les bambous sont présents naturellement sur tous les continents (Amériques, Asie, Afrique et Océanie) à l'exception de l'Europe (bien que certaines espèces puissent y pousser) et de l'Antarctique, et se sont adaptés à de nombreux climats (tropicaux, sub-tropicaux, et tempérés).
Sur le plan environnemental, il peut fixer 30% de plus de CO2 que les arbres feuillus, jusqu'à 12 tonnes de CO2/ha/an (3 tonnes pour une forêt de feuillus). Il libère donc 30% d'oxygène de plus que des arbres. L'étroitesse de ses feuilles améliore l'infiltration de l'eau dans le sol (deux fois plus qu'une forêt de feuillus). Il limite l'érosion des sols (grâce à réseau racinaire très dense sur 60 centimètres de profondeur) et restaure des sols appauvris. On l'utilise pour l’élimination de certaines toxines du sol (phyto-remédiation en France), et sa culture ne nécessite peu ou pas d'engrais, ni de produits phytosanitaires.
Mais il faut souligner également que les bambous sont répertoriés parmi les espèces invasives. Certaines espèces, par leurs aptitudes à s'étendre via leurs rhizomes, peuvent porter un réel préjudice à la biodiversité des écosystèmes à l'échelle locale.
Attention si la culture du bambou peut être considérée comme écologique, sa transformation pour donner une fibre textile nécessite des produits chimiques polluants tels que la soude. De plus le premier producteur mondial est la Chine donc la matière première fait des milliers de kilomètres pour arriver chez nous.
Les fibres animales sont l’alpaga (lama), l’angora (lapin), le cachemire (barbiche de chèvre), la laine (mouton)…
La laine peut être considérée comme hautement écologique car elle ne nécessite pas de tuer l’animal, est renouvelable à souhait et produite en France.
Attention, la désignation laine vierge correspond à un produit auquel on n’a rajouté que 7 % au maximum d’autres fibres, tandis que pour la pure laine vierge ce pourcentage est ramené au maximum à 0,3 % d’autres fibres. Les désignations 100 % laine, pure laine ou laine peuvent correspondre à une laine de moindre qualité ou à de la laine recyclée.
Une fois les fibres tissées, il est possible de les teindre selon deux procédés :
- la teinture naturelle : elle est réalisée, surtout de manière artisanale, à l’aide de végétaux, de minéraux ou même d’animaux (larves d’insectes). Pour faire tenir la couleur (mordançage), il faut utiliser des produits chimiques tels que l’alun ou l’acétate de fer.
Cette teinture demande beaucoup d’eau mais n’utilise que très peu de produits polluants.
Généralement les couleurs tiennent à un lavage de 40° et résistent à la lumière (leur tenue dépend beaucoup du mordançage). Contrairement aux idées reçues nous pouvons obtenir de très belles teintes variées (bleu indigo, rouge garance, jaune, orange, vert, marron…).
- la teinture chimique : elle est réalisée à partir de colorants chimiques qui reproduisent les couleurs obtenues de manière naturelle et avec le temps a permis de créer grands nombres de teintes diverses. Différents produits chimiques sont ajoutés pour obtenir des tissus solides au lavage (tenue jusqu’à 90°), à la lumière, au chlore, au nettoyage à sec, à la sueur acide ou alcaline, au frottement, au boulochage…Les produits chimiques le plus souvent utilisés sont les acides (acétique, formique, chlorhydrique, sulfurique), les bases (soude caustique, carbonate de sodium, phosphate), les sels (Acétate de sodium et Acétate d'ammonium, sulfate de sodium et sulfate d'ammonium, chlorure de sodium (sel), nitrite de sodium), les agents oxydants (peroxyde d'hydrogène, perborate de sodium, bromite de sodium, hypochlorite de sodium (eau de Javel), chlorite de sodium), les agents réducteurs : hydrosulfite de sodium, sulfhydrate de sodium, glucose).
Certains produits utilisés sont très polluants et nocifs pour la santé (allergisant, cancérigène…). La teinture est très gourmande en eau (la matière première) mais surtout le tissu doit supporter beaucoup de traitements pour arriver à des spécificités très demandées aujourd’hui (brillance, souplesse, élasticité, imperméabilité, ignifuge, blancheur impeccable…) or ces traitements s’avèrent souvent nocifs pour la planète. Ainsi Noé Design a décidé de restreindre ces traitements pour obtenir des tissus simples et beaux avec leurs caractéristiques naturelles. Ils sont seulement blanchis à l'eau oxygénée (et non au chlore) pour recevoir la teinture.
Aujourd’hui, en vue des différents enjeux écologiques, les usines françaises sont soumises à de nombreuses réglementations pour réduire l’impact de leur fonctionnement sur l’environnement. Ainsi l’atelier choisi par Noé Design répond aux critères de la REACH (la nouvelle réglementation européenne sur les substances chimiques qui couvre le contrôle de la fabrication, de l’importation, de la mise sur le marché et de l’utilisation des substances chimiques. Le but étant d'interdire les produits polluants et nocifs.) et de la DRIRE ( Directions Régionales de l'Industrie, de la Recherche et de l'Environnement qui contrôle les dispositions prises par les exploitants d'établissements industriels en faveur de la prévention des risques technologiques, de la réduction des rejets polluants dans l'eau et dans l'air, de la réduction et de la bonne élimination des déchets, ainsi que de la réhabilitation des sites et sols pollués.).
Noé Design, pour de nouveaux objets écologiques, éthiques et équitables. |